• Télégraphe aérien en Algérie

    Télégraphe aérien en Algérie

    Posté par :Pieds Noirs 9A ..

    Tandis que la télégraphie aérienne était sur le point de disparaître en France, le gouvernement résolut de l’introduire en Algérie pour prêter son concours aux opérations militaires. M. Alexandre, fonctionnaire de l’administration, fut chargé d’aller étudier sur place l’établissement de grandes lignes et d’organiser le personnel nécessaire, et, au mois de juin 1844, le Ministre de la guerre prit un arrêté organisant définitivement la télégraphie dans toute l’Algérie. Un réseau aérien fut construit en Algérie de 1844 à 1854, sous la direction de M. César Lair. Les travaux furent exécutés par le génie militaire, d’après les données fournies par les employés du télégraphe. Ils ne furent pas d’ailleurs sans danger : souvent il fallut s’entourer de bataillons, pour protéger les travailleurs contre les attaques des arabes.

    Les lignes partant d’Alger desservaient vers l’ouest et le sud-ouest : Blidah, Milianah, Médéah, Cherchell, Tenez, Orléansville, Mostaganem, Oran, Sidi-Bel-Abbès et Tlemcen ; vers l’est : Aumale, Dellis, Bougie, Sétif, Constantine, Philippeville, Guelma, Bône, et enfin vers le sud-est : Batna et Biskara. Les postes télégraphiques ne ressemblaient pas à nos stations françaises. C’étaient de véritables blockhaus, flanqués de deux petits bastions, et environnés d’une palissade, percée de meurtrières. Ainsi mis à l’abri, le poste télégraphique pouvait résister à toutes les attaques des malfaiteurs. Il faut dire néanmoins, qu’ils n’eurent jamais à repousser aucune attaque.

    En raison de la pureté habituelle de l’atmosphère, les stations télégraphiques de l’Afrique française étaient séparées par une distance de douze kilomètres. M. César Lair avait simplifié les signaux, ainsi que le vocabulaire, et ces réformes judicieuses accéléraient sensiblement le passage des dépêches.

    L’appareil télégraphique fut réduit à sa plus simple expression. Il ne consista plus qu’en un régulateur fixe, avec deux indicateurs mobiles ; le tout soutenu par deux poteaux parallèles. Un vocabulaire spécial dut être appliqué à l’appareil ainsi modifié par la suppression d’une des pièces principales.

    Par son extrême simplicité, le télégraphe d’Afrique présentait moins de chances de dérangements et fatiguait peu l’opérateur. Il rendait plus facile le passage des dépêches, au moyen de son vocabulaire, aussi riche que celui de France, quoique basé sur un nombre de signaux moindre

    Pour établir très-rapidement les lignes, M. César Lair fit construire des supports formés de deux poteaux obliquement croisés aux deux tiers de leur hauteur, et pouvant se fermer comme les deux lames d’une paire de ciseaux. La partie la plus longue des poteaux se démontait en deux pièces, et les indicateurs de la machine pouvaient se replier, avec leur queue, sur le régulateur. Un télégraphe, machine et support, démonté et replié, ne présentait pas une longueur de plus de 3 mètres, et pouvait facilement être transporté par un seul mulet. En un quart d’heure, il pouvait être déchargé, monté et prêt à fonctionner. « C’était là, dit M. Gerspach, le véritable télégraphe aérien de campagne, vainement cherché sous la République et l’Empire ». Les stationnaires étaient choisis parmi des sous-officiers en congé, habitués, par un long séjour, au climat de l’Afrique et aux mœurs du pays.

    La télégraphie aérienne a parfaitement fonctionné pendant quinze ans, dans notre France d’Afrique, sous la direction de M. César Lair. Elle fut remplacée, en 1859, par la télégraphie électrique. M. César Lair, le même qui avait fait construire, en 1844, la première station de télégraphie aérienne, faisait démolir le dernier blockhaus de télégraphe aérienne.

    1844 Algérie

    1844 Algérie


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