• Massacre d'Oran le 5 juillet 1962 ..

    Le 5 juillet 1962, à Oran, l’armée française s’est déshonorée

    Publié par Manuel Gomez ..

    Chaque année nous nous faisons un devoir de rappeler à la France ce qui s’est passé le 5 juillet 1962 à Oran (Algérie).

    Nous rappelons à l’armée française comment elle s’est déshonorée ce 5 juillet 1962 lorsqu’elle a obéi aux ordres du général Katz « de rester l’arme au pied » alors que des civils innocents y compris des enfants et des femmes, européens, se faisaient enlever et égorger.

    Plus tard, lors d’une biographie, Katz tentera d’expliquer sa lâcheté par obéissance aux ordres du chef de l’État, de Gaulle.

    Un officier, un soldat, quel que soit son grade, n’a pas pour devoir l’obéissance à un gouvernement ou à un chef d’État quand il doit perdre son honneur.

    La « petite histoire » nous révèle uniquement la décision du lieutenant Rabah Kheliff, du 30eBPC, qui, refusant justement de « rester l’arme au pied », selon les ordres de sa hiérarchie, s’était précipité, avec ses soldats, jusqu’à la préfecture d’Oran, ce 5 juillet, et avait obligé les responsables du FLN à libérer plus d’une centaine de civils européens promis à une mort certaine.

    Fort heureusement le lieutenant Kheliff ne fut pas le seul à enfreindre les ordres.

    Quelques rares officiers, considérant que leur honneur passait avant l’obéissance, ont eu le courage de se porter au secours de la population, livrée aux assassins.

    Capitaine Croguennec, commandant la 2e compagnie du 2e zouaves, à Oran, s’est dirigé avec ses hommes vers le commissariat central et a fait libérer environ 400 civils retenus par l’ALN, les sauvant du massacre organisé.

    Sous-lieutenant Doly-Linaudière, de la 12e compagnie du 43e RI. Malgré les ordres reçus, est intervenu pour sauver quelques Européens, capturés par le FLN en centre-ville d’Oran.

    Capitaine Bernard Gilles, à la tête des blindés du 5e RI est intervenu Boulevard Clemenceau, à Oran, pour sauver quelques dizaines d’Européens qui allaient être enlevés et dirigés vers le « Petit lac » pour être assassinés.

    C’est vrai qu’ils ne furent pas nombreux à se montrer dignes, bien plus nombreux furent les couards.

    Un entretien dans le magazine « Le Point » en février 2002, de Jean-Pierre Chevènement, en apporte témoignage : « À l’époque sous-lieutenant en Algérie, j’ai vécu un drame affreux en mars 1962. Plusieurs de mes moghaznis (supplétifs musulmans) ainsi que le chef du village de Saint-Denis-du-Sig, ont été tués dans des conditions atroces par un commando du FLN. J’ai retrouvé Miloud, mon aide de camp, égorgé.

    J’ai appris que près de 20 000 personnes ont été torturées et égorgées dans le village Nègre (Quartier d’Otan).

    Par la suite il rectifiera à environ 3 000 morts et 800 disparus.        

    3 000 Européens massacrés sous les yeux du général Katz et sur ordre du chef de l’État français de l’époque, de Gaulle.        

    Ce chiffre de plus de 3 000 morts et disparus a été enregistré par Mme Sallaberry, militaire de carrière en poste au bureau des exactions.

    Le colonel Fourcade a témoigné sous la foi du serment, déclarant avoir assisté en début de matinée, ce 5 juillet 1962, à l’entretien téléphonique entre le général Katz et de Gaulle. Katz  informait le chef de l’État que dans toute la ville se perpétrait un massacre au « faciès blanc » et de Gaulle lui a donné l’ordre criminel le plus formel : « Surtout ne bougez pas ! »

    Le général Katz a décidé dans la matinée de survoler la ville en hélicoptère. Voici le témoignage du pilote : « Nous survolons la ville, partout des gens qui fuyaient et des cortèges de bras en l’air, escortés par des ATO (auxiliaires de l’Armée Nationale populaire) ou des civils en armes. Nous avons survolé le Petit Lac, là aussi une foule compacte bras en l’air, des gens qu’on faisait entrer dans l’eau et qu’on abattait froidement. J’ai hurlé : Mon général, on abat des gens, je vois l’eau qui devient rouge de sang ».

    Le général m’a répondu : « Retour à la base ».

    Je ne sais pas qui est le plus à mépriser, celui qui donne les ordres ou celui qui les exécute sans état d’âme ? Mais les deux sont à honnir !

    Et ce n’est malheureusement pas uniquement ce 5 juillet 62 que la France et son gouvernement, et son armée, se sont déshonorés. Nous ne vous avions pas tout révélé ! Il est vrai qu’il y a tellement de raisons non avouables pour ne pas « ouvrir » les archives de la « Guerre d’Algérie » ! De repousser cette date toujours un peu plus loin. En voici une :

    Des enfants français, orphelins, ont été abandonnés sur place, dans une Algérie indépendante, parce que personne n’a songé à eux, personne n’a songé à les ramener en France métropolitaine.

    Ils ont été abandonnés dans un pays étranger.

    Combien étaient-ils ? Que sont-ils devenus ?

    Nous venons de parcourir le témoignage bouleversant de l’un d’eux, Robert Palmade.

    Abandonné par sa mère (Oui, des mères abandonnaient leurs enfants en Algérie également !), abandonné par la France, devenu algérien et rebaptisé d’un nom algérien, il est revenu vers sa patrie des années plus tard.

    Dans son récit il cite d’autres noms d’orphelins « oubliés » tout comme lui : Paulette Lignette, Julien Ruffet, René Tanguy, et combien d’autres ? Nous le saurons très certainement un jour prochain, patience !

    Il y a pire, est-ce possible ? Oui, c’est possible.

    Il y a les milliers de morts, il y a les « abandonnés », et il y a pire : des dizaines de femmes, parce qu’elles étaient jeunes, parce qu’elles étaient mignonnes, ont été livrées, dans des bordels militaires, à la bestialité des combattants de l’ALN, à subir l’horreur chaque jour, chaque nuit, durant des années, abandonnées par tous, dans leur pourriture de vie.

    Parmi ces malheureuses femmes, certaines sont-elles encore en vie ? On peut espérer que non, ce serait trop horrible !

    Parmi ces jeunes femmes, certaines ont-elles eu des enfants ? On peut espérer que non car que sont-ils devenus ?

    Il y a pire encore ! Oui, c’est possible.

    Des centaines d’hommes, jeunes vigoureux, ont été acheminés vers des hôpitaux militaires du FLN et on leur a « tiré » leur sang, jusqu’à la dernière goutte, pour l’offrir à l’ennemi, aux criminels. Ils sont morts « desséchés », la peau sur les os ! Peut-on imaginer pire ?

    Et la France dans tout ces « pires » ? Et les gouvernements successifs de la France ? Et l’armée française ? Et de Gaulle ?

    Je préfère m’abstenir de dire ce que j’en pense !

    Manuel Gomez


  • Commentaires

    1
    Dimanche 5 Juillet à 13:41

    Oran, 5 juillet 1962 : 3 000 Européens sont massacrés – De Gaulle laisse faire car lui et sa famille risque rien ,car bien planquer comme en 40 qui fuit en Angleterre .

    ET AINSI ;

    Et la France, Patrie des droits de l'homme, ferma les yeux et tourna la page ...

    2
    Lundi 6 Juillet à 08:20

    comme   quoi    même   pour   un  militaire,   la désobéissance   peut   être  un  devoir   quand   l'ordre  donné  est  inhumain

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